Tout au long de leur formation de master, les étudiants suivant les options Archéologie et Préservation du Patrimoine Subaquatique sont impliqués dans des opérations de terrain leur permettant d'acquérir des compétences opérationnelles en situations réelles.

Généralement ces chantiers écoles sont liés à des opération archéologiques organisées à l'étranger, l'université prenant alors le plus souvent en charge les déplacements.

 

Lac de Tibériade (Israël) - février 2020
La promotion de Master 1 2019-2020 a pris part à l'opération archéologique conduite sur le lac de Tiberiade, en Israël, sous la responsabilité de l'université d'Haïfa (
The Leon Recanati Institute for Maritime Studies), avec le soutien de l'université Perpignan Via Domitia (Cresem), du Labex Archimède et de l'Aresmar.
Au programme, l'étude des vestiges du port qui ont été identifiés au début des années 1990 et n'ont pas ensuite fait l'objet d'études plus poussées. Une opération hybride entre milieu terrestre et milieu lacustre.

L'occasion pour les étudiants des opérations APPSA de se frotter à une équipe internationale (Israël, Autriche, France, Espagne, Belgique, Mexique, Tunisie, USA, Slovaquie, Inde) et de nouer des relations d'un continent à l'autre.

Le port antique de Tibériade

Les éléments les plus visibles du port antique de Tibériade sud sont des vestiges de rempart plongeant dans l'eau et ceux d'un potentiel mur de quai. Des structures dont le dégagement et l'étude a constitué une part importante de l'opération. Étant donné le niveau élevé du lac en cette saison, une partie du rempart était même immergée et a nécessité des prospections subaquatiques.

Sur les trois semaines d'opération, quatre sondages ont été ouverts en appui sur le rempart et sur le probable mur de quai. Ils se sont aussi doublés d'une prospection et d'un dégagement de plusieurs assises de murs visibles à fleur de sol.

Cette opération a surtout permis de mettre en œuvre diverses techniques liées à l'étude des structures ou aux sondages, dans une optique à la fois scientifique et pédagogique.

 

Le site délimité par un rempart et un mur de quai, au sud de Tibériade
Le site délimité par un rempart et un mur de quai, au sud de Tibériade

Le rempart antique/byzantin qui se prolonge sous l'eau par des caissons de maçonnerie coulés in situ à l'aide d'un coffrage dont les éléments subsistent encore.

Dégagement du rempart fermant le site

Éléments de fondation du mur de rempart nord mis en évidence dans le lac.

Une école de terrain

L'opération de Tibériade a permis tours à tours d'aborder les techniques de fouille, mais aussi le relevé topographique, le dessin pierres à pierres, ou encore le relevé photogrammétrique dans le cadre d'ateliers pratiques sur lesquels les étudiants se sont succédé au fil des jours.

- techniques de fouille

La fouille du site du port de Tibériade a mis en œuvre des techniques complémentaires, depuis le dégagement de maçonneries imposantes jusqu'à un suivi stratigraphique fin. Il a ainsi permis aux fouilleurs de se familiariser avec différentes approches et d'adapter les outils comme les gestes à chaque situation, jusqu'au remblaiement mécanique des sondages.

- topographie

L’ensemble des vestiges a fait l'objet d'une topographie réalisée à l'aide d'une station totale. Les étudiants ont pu participer à la prise de points et à la manipulation de la station totale.

- dessin archéologique

Tous les vestiges dégagés et les stratigraphies qui le justifiaient ont fait l’objet d'un relevé détaillé réalisé aussi à des fins pédagogiques par les étudiants.

- photogrammétrie

Une couverture photogrammétrique terrestres et par drone a été réalisée sur l'ensemble des murs mis au jour. La tâche a été confiée aux jeunes fouilleurs.

- enregistrement des données

Une partie de l'enregistrement des données de terrain a été réalisée par les étudiants dans le cadre des principes et méthodes arrêtés pour ce chantier. Prise de niveaux, fiches d'US, description des structures, enregistrement du mobilier ont été au programme.

- traitement du mobilier et post fouille

Le travail sur le mobilier archéologique mis au jour, supervisé par Gerald Finkielsztejn de l'Israel Antiquities Authority, a été réalisé à l'issue de l'opération, des tamisages de sédiments au conditionnement des céramiques et à leur étude.

- cours et conférences

Le chantier école de Tibériade a aussi été l'occasion d'assurer des cours et présentations pour les étudiants présents, comme sur la construction navale antique par Emmanuel Nantet, les épaves de la mer Baltique par Rupert Breitwieser, ou sur l'utilisation des techniques de topographie déclinées en archéologie par Franck Brechon. Des interventions en petit comité qui ont permis une réelle écoute et des échanges fructueux.

- visites de terrain

Le stage a aussi été structuré afin de permettre aux participants de découvrir le patrimoine maritime, et plus largement le patrimoine de la région. Il est en effet essentiel que les étudiants se forgent une culture d'archéologie maritime et deviennent familier de site et d'épaves ayant marqué l'historiographie.

Ainsi, des visites ont été organisées au musée Hecht à Haïfa où est conservée l'épave du Ma'agan Michael, datée du 5e s. av. n.e. L'occasion d'une présentation sur pièces des modes de construction navale et des transitions entre techniques.

Dans le même état d'esprit, les étudiants et les fouilleurs ont été accueillis au musée de Ginossar, au nord de Tibériade, où est conservée l'épave d'un navire lacustre du 1er siècle.

L'équipe a aussi visité le port antique de Magdala, notamment intéressant pour Zoé Pessan et Ivana Kubalova, qui travaillent sur le site dans le cadre de leur mémoire. Un site qui a livré de beaux exemples de pierres d'ancrage et de quais de l'Antiquité hellénistique puis romaine. Le tout avec un remarquable bâtiment élitaire face au mouillage des bateaux, qui questionne sur sa fonction en lien avec la navigation. Merci à l'équipe de fouille italienne et aux frères dominicains qui nous ont donné accès au site.

L'avis des participants

 

Julien Bataille, étudiant en Master 1 à l’Université de Perpignan :

« Participer au chantier archéologique du lac de Tibériade m’a permis d’obtenir une très bonne expérience de fouille terrestre à l’étranger. J’ai pu découvrir avec d’autres personnes du groupe la prospection en snorkeling afin d’analyser l’extrémité d’un mur se prolongeant dans le lac.

Ce chantier m’a permis de découvrir une culture différente en travaillant avec une très bonne équipe internationale composée d’étudiants venant du Mexique, des USA, d’Autriche, de Belgique, de Slovaquie, d’Israël et de France. Je retiens particulièrement une bonne ambiance ainsi qu’une très bonne entente au sein de l’équipe.

Les frais de déplacements (billets d’avion, essence et frais de parking de l’aéroport, séjour sur place) ont été pris en charge par l’Université de Haïfa, l'Université de Perpignan et l’Aresmar.

Ce fut donc un très bon séjour auquel je serais ravi de recommencer l’expérience. »

 

Rafael Vereeken, étudiant en Master 1 à l’Université de Perpignan :

« Ce chantier m’a avant tout permis de découvrir de nouvelles perspectives, autant sur le terrain qu’en dehors. J’ai en effet pu rapidement observer les difficultés qu’impliquent la mise en place d’un chantier international, mêlant des archéologues venu du Mexique, des USA, d’Autriche, d’Israël, de Slovaquie et de France, qui ont chacun une manière propre de fonctionner. Les qualités de chacun ont cependant su rendre cette fouille agréable et efficace, et les résultats semblent déjà très prometteurs. Ce séjour fut aussi l’occasion pour moi de découvrir un pays et une culture très différentel. Il faut bien avouer que fouiller dans un tel cadre allégea considérablement les peines causées par le rythme de travail important. Ce fut une réelle aubaine de fouiller à Tibériade, et sans l’intervention de l’UPVD dans le cadre du Master d’HCP, de l’Université de Haïfa et de l’Aresmar, cela n’aurait probablement jamais pu se faire. Si l’occasion de participer à ce genre de projet se représente, que ce soit en Israël ou dans un autre pays du Levant, je serai assurément dans les premiers à me présenter en tant que volontaire. »

 

Corentin Schahl, étudiant en Master 1 à l’Université de Perpignan :

« Le grand intérêt du chantier de Tiberiade en Israël a été de pouvoir participer à un chantier archéologique au sein d’une équipe internationale. En effet ce chantier m’a permis de grandement améliorer mon niveau d’anglais car étant en permanence au contact avec des étudiants Américains, Espagnols ou encore Mexicains. De plus, ayant déjà une bonne expérience de fouille en France, ce chantier à l’étranger m’a surtout offert une vision et une méthodologie différente, spécifique à Israël. Cela permet notamment d'élargir ses connaissances et de nouer des liens avec des chercheurs étrangers, élément très important dans le domaine de la recherche. Je tiens donc à remercier particulièrement l’Université de Perpignan pour avoir financer le déplacement et m’avoir permis de vivre cette expérience unique. »